Voici le texte de l'interview de l'abbé Spinoza dans l'Homme Nouveau du 13 novembre 2013. Lien ici

 

Alors que l'abbé Régis Spinoza vient de fonder une nouvelle fraternité religieuse enseignante, nous avons voulu en savoir plus sur celle-ci et l'itinéraire de son fondateur. À ce titre, il a bien voulu se prêter au jeu de nos questions  et éclairer les lecteurs sur son statut et celui de la Fraternité Enseignante des Cœurs de Jésus et Marie.

 Vous venez de créer la Fraternité Enseignante des Cœurs de Jésus et de Marie (FECJM). Pourquoi une telle fondation ?

Abbé Régis Spinoza: Avant tout, il me semble fondamental, étant donné les réactions déjà entendues, de fixer le préambule suivant à mes propos. Nous plantons un arbre. Angélus FECJMDeviendra-t-il un chêne ou n’aboutira-t-il pas, le Bon Dieu seul le sait. Nous nous confions à sa Providence. Et si le projet est déjà bien élaboré, pour être fidèle à l’Évangile qui demande de s’asseoir et de réfléchir avant de commencer, il doit être clair que nous sommes en phase de discernement. La forme du lien avec l’Église, avec les institutions dont nous sommes proches, le statut des personnes, tout ceci reste et doit rester pour l’instant, souple et prudent, dans la docilité à l’action de l’Esprit Saint. Qu’on nous fasse l’amitié et la justice de le comprendre ainsi.
Ceci étant posé et, espérons-le, compris, venons-en au fait.

Tout d’abord, il convient de préciser le statut juridique de la FECJM : c’est une association privée (canon 299 §1) qui bénéficie d’une vigilance morale dans son gouvernement exercée par le très révérend père abbé de Notre-Dame de Randol. À ce stade, elle ne peut pas incardiner les membres. La FECJM a donc une existence de facto. Les clercs qui souhaitent intégrer la FECJM devront solliciter une autorisation auprès de leur ordinaire. Pour les autres membres comme frères ou laïcs, l’intégration se fera selon les prescriptions de la FECJM. Les statuts d’une Association privée comme la Fraternité sont une première étape, statuts que l’Église, dans sa prudence, a établis afin de voir si la fondation répond à un besoin pour le salut des âmes. Si l’œuvre venait à se développer, signe de la Providence, nous ferons appel à une autorité légitime, d’abord pour demander une « laudatio » puis une « commendatio », selon les étapes établies par l’Église et fixées par le canon 299 §2, en attendant une éventuelle « recognitio » canonique.

Aujourd’hui, la FECJM propose un projet d’évangélisation de la jeunesse par les écoles et les activités de jeunesse exclusivement au sein d’un établissement scolaire indépendant, L’Angélus, qui a ouvert ses portes en septembre 2010. Le reste, si je puis dire, appartient au bon Dieu…

Mais n’assiste-t-on pas ainsi à la création d’une fraternité « de plus » ?

C’est vrai, encore une nouvelle fraternité et fondation d’obédience traditionnelle. Cependant, si nous regardons les fondations de ces vingt dernières années, il n’y a pas de fraternité qui envisage un ministère exclusivement destiné aux milieux scolaires. Toutes les mouvances traditionnelles ont leurs établissements scolaires, leurs aumôneries et réalisent un travail extraordinaire. C’est indéniable. Alors pourquoi aller « plus loin » ? Pourquoi se démarquer ou plutôt « se marginaliser » de la sorte alors que nous pouvons affirmer qu’il y a ce qu’il faut ?

Un premier élément de réponse : la spécificité apostolique de la FECJM. Le but est de fonder des écoles indépendantes (hors contrat ayant un même projet éducatif et pédagogique, et, de préférence, des internats). Par conséquent, il s’agit de développer un réseau d’écoles indépendantes. Existe aussi la volonté de développer un centre de formation pédagogique pour les ecclésiastiques, religieux et laïcs enseignant dans les collèges et lycées. Nous allons vers une réelle carence de professeurs formés et qualifiés, malgré le travail extraordinaire de la Fondation pour l’École. L’Église a toujours eu un rôle essentiel dans l’éducation de la jeunesse et cela s’est concrétisé par le passé grâce aux grands ordres enseignants qui, actuellement, périclitent par manque de vocations. De plus, du moins en France, ces institutions ont-elles gardé comme objectif premier l’évangélisation de la jeunesse en tenant des écoles libres ? Je ne le crois pas. Je ne veux pas faire de conclusions trop hâtives et maladroites mais chacun peut constater que la présence sacerdotale et religieuse dans les établissements scolaires appartenant aux congrégations religieuses est très insuffisante.

D’autre part, je reste convaincu qu’un bon nombre de prêtres et religieux souhaite exercer leur ministère, de manière exclusive, auprès de la jeunesse et, notamment, dans un cadre scolaire. À titre personnel, cela a toujours été mon désir. J’en reparlerai plus tard…

Je suis persuadé que l’enseignement et l’éducation répondent à une vocation spécifique, à un charisme propre. Cela répond à un besoin, à une nécessité. Malgré les bonnes volontés manifestées à travers l’enseignement catholique sous contrat, le cadre d’une école hors contrat, tout en respectant les exigences normatives de la loi civile, est d’une nature structurellement plus adéquate à l’essor d’écoles authentiquement catholiques parce que non soumises aux diktats de l’Éducation nationale. Nombreux sont les parents qui nous font part de leur désarroi face aux difficultés des écoles catholiques sous contrat.

Ainsi, la FECJM vient, non pas « concurrencer » une autre fraternité ou institut, mais compléter, il me semble, un manque : des prêtres, religieux soutenus par des laïcs qui se sanctifient, et participent à la sanctification des fidèles, notamment des écoliers (au sens large).

Dans une société sécularisée et profondément relativiste, n’est-il pas utopique de vouloir s’inspirer des grands ordres enseignants du passé ?

De manière générale, la vitalité, au sein de l’Église, des « communautés nouvelles » de forme ordinaire ou extraordinaire du rite catholique, nous permet de répondre non.

De façon plus particulière, la FECJM propose, aujourd’hui, des statuts qui envisagent à la fois le développement d’une vie communautaire de prêtres et frères et une coopération avec des laïcs que nous pourrions appeler « engagés » selon la terminologie actuelle. Cette coopération me semble importante. Elle permettra aux prêtres et religieux éducateurs d’avoir un regard et un apport extérieurs bien nécessaires pour appréhender la jeunesse actuelle. La « reconstruction » de communautés religieuses qui seront responsables sur le plan civil des écoles est un moyen efficace pour lutter contre la sécularisation actuelle. D’autre part, la formation des intelligences et du cœur des jeunes permettra de freiner le relativisme qui plonge ses racines dans l’enseignement scolaire actuel et qui peut être enrayé à l’aide de projets pédagogiques qui ont le souci du vrai, du beau et du bien.

Enfin, la crise des vocations religieuses, le confort matériel dans lequel nous vivons, la difficulté de participer à l’instruction et à l’éducation des jeunes peuvent laisser perplexes nos contemporains face à la création d’une nouvelle Fraternité enseignante. Mais « espérer contre toute espérance » est la devise tout à fait adaptée à cette nouvelle aventure qui, peut-être, ne sera qu’un feu de paille. Dieu seul sait.

Vous étiez jusqu’ici prêtre de l’Institut du Bon Pasteur, Institut au sein duquel vous avez été ordonné prêtre. Auparavant, vous avez vécu au sein d’autres d’instituts religieux. Qu’est-ce qui motive chez vous ce passage constant d’une famille religieuse à une autre, jusqu’à la fondation de votre propre fraternité ?

Angélus en ItalieJe suis encore prêtre de l’Institut du Bon Pasteur puisqu’incardiné au sein de celui-ci. La FECJM a été fondée en août 2013 alors que l’IBP était gouverné par dom Forgeot qui était informé de ce projet. J’ai sollicité, tout en assumant la responsabilité de la Fraternité enseignante, auprès du Supérieur Général de l’IBP un temps de réflexion. S’agira-t-il d’agréger la FECJM à une société de vie apostolique comme le Bon Pasteur tout en ayant son autonomie et, bien entendu, son charisme et son ministère propre ? Ce pourrait être aussi une reconnaissance ecclésiale dans un premier temps puis une reconnaissance plus large qui permettrait à la FECJM de devenir une association publique sous la tutelle d’un évêque et permettant une incardination de ses membres. Je crois qu’il faut laisser la Providence agir.

En ce qui me concerne, je suis effectivement allé dans divers instituts. Converti à 19 ans, entré au séminaire après des études en géographie, j’ai cherché ma voie. J’ai toujours souhaité servir Dieu et l’Église dans le cadre scolaire puisque j’ai enseigné au sein de l’Éducation nationale puis dans une école catholique sous contrat et enfin dans des écoles indépendantes. Je suis resté plusieurs années à la Sainte-Croix de Riaumont qui m’a apporté beaucoup et m’a conforté dans ma volonté de servir Dieu dans les milieux scolaires. Lorsque je suis entré à l’IBP, j’ai clairement annoncé au Supérieur général mes intentions.

La fondation de cette fraternité est-elle le résultat, même indirect, des difficultés rencontrées par l’IBP dans l’élection d’un nouveau supérieur ?

Le projet de la FECJM était, si je puis dire, en « gestation » dans mon esprit. Avant la crise structurelle de l’Institut du Bon Pasteur, il était convenu, de manière encore bien confuse, de développer une branche de frères au service des écoles. Nous avions eu l’occasion d’échanger sur la question avec le Supérieur général. Mais la situation interne confirmée par la longue carence de l’Autorité dans l’Institut (juillet 2012-septembre 2013) m’a obligé, en raison de « l’état de nécessité » et de l’incertitude concernant l’IBP, à protéger l’Institution de L’Angélus afin de garantir sa pérennité malgré la tempête. De là est née une association constituée ce jour de quatre membres dont le père abbé de Randol.

Après l’élection du nouveau Supérieur de l’IBP, j’ai pris l’initiative de le consulter pour lui faire part de la réalisation du projet. Nous nous sommes rencontrés, ensuite, le 5 octobre avec le T.R.P Abbé de Randol afin de bien exposer la situation tout en sollicitant un temps de réflexion et de discernement.

Vous êtes à la tête de l’école hors contrat L’Angélus. Quel est désormais son statut ?

L’Angélus, à la suite de l’Assemblée Générale de l’Association Sainte-Philomène-de-Mugnano (qui gère l’école) a décidé, à l’unanimité des présents (seulement un absent) d’établir entre l’association privée canonique de fidèles la FECJM et l’Association Sainte-Philomène un lien moral et spirituel. Ainsi, L’Angélus devient la maison mère de la FECJM.

Quel est concrètement le rôle du père abbé de Randol ?

Le père abbé de Randol assure une vigilance morale de la FECJM. Nous nous rencontrons régulièrement pour faire le point. En parallèle, l’abbaye est engagée depuis juillet 2010 auprès de L’Angélus. Le père abbé est membre des deux associations (civile 1901 et canonique). Il assure également le rôle de conseil, assiste à toutes les réunions et prises de décision de la FECJM et a un droit de veto.

Abbaye bénédictine contemplative, Randol n’est pas par vocation spécialiste de l’enseignement. Pourquoi vous êtes-vous tourné vers elle et comment s’est élaboré votre projet de fondation ?

C’est tout à fait vrai. Cependant, nous pouvons affirmer au regard de l’histoire que les abbayes bénédictines ont favorisé le développement des écoles. La stabilité monastique répond, encore plus aujourd’hui, à une nécessaire stabilité pour une école. Il ne faut pas oublier que l’appui spirituel d’un monastère est un apport incomparable pour une œuvre apostolique. Il y a donc une sorte de parrainage spirituel qui renforcera l’efficacité éducative auprès des élèves. C’est en quelque sorte un mariage entre l’action et la contemplation.

À qui s’adresse cette fraternité ? À des prêtres exclusivement ou également à des frères ?

Comme je le mentionnais au début de cet entretien, le premier objectif de la FECJM dans les mois à venir est de lancer un appel auprès des prêtres qui veulent vivre leur sacerdoce au sein d’une école. Cela impliquera une vie communautaire bien réglée où les temps de prières communes, les formations spirituelle et pédagogique sont essentiels. Un prêtre a comme mission première de transmettre la foi, la charité. Il nous faut vivre de la Présence du Christ dans notre quotidien et manifester ainsi la Présence de Dieu parmi nos élèves par nos joies, notre fidélité à l’oraison.

En parallèle, nous souhaitons développer une branche de frères au service des écoles. Leur apostolat dépendra de leur talent. Ils pourront enseigner s’ils ont le niveau requis, aider au fonctionnement de l’école, diriger des activités de jeunesse. Il est entendu qu’ils recevront une formation spirituelle et pédagogique correspondant à leur vocation. À l’issue de cette formation, ils pourront s’engager en prononçant des vœux privés qu’ils renouvelleront tous les trois ans.

Il est donc envisagé une coopération entre frères et prêtres sans pour autant établir une relation de « supériorité » en raison du sacerdoce. Il ne s’agit pas de réduire la vocation religieuse à un plan secondaire mais plutôt de la considérer comme une aide précieuse pour les prêtres, tout en garantissant une unité dans les relations entre les membres de la communauté. Ainsi, un frère ayant les compétences requises pourra assurer la direction d’un établissement scolaire. C’est donc une vocation à relancer même si l’image du frère a été abîmée ces dernières années en considérant, par exemple, que le frère est un « prêtre manqué ». Cette idée est fausse puisque la vocation religieuse est plus parfaite dans le sens où le frère vit des conseils évangéliques en vue de la perfection à laquelle nous sommes appelés.

Enfin, en fonction de l’évolution de la FECJM, et si c’est la volonté de Dieu, il pourra être envisagé une formation en partenariat, par exemple, avec un séminaire ou autre qui assurera une préparation au sacerdoce…

Vous évoquez également dans vos statuts la possibilité d’auxiliatrices et de coopérateurs et coopératrices ?

Il serait louable qu’une communauté féminine puisse enrichir, tout en étant séparée de la communauté masculine, les écoles de garçons. En effet, la FECJM souhaite avant toute chose développer des internats sur le modèle pédagogique et éducatif de l’Institution L’Angélus. Il s’avère que dans des « cadres fermés », la présence féminine, bien définie, est un atout majeur. Je pense surtout aux plus jeunes qui ont encore besoin de la présence d’une femme. Les auxiliatrices peuvent aider les prêtres et les frères dans de nombreux services que compte un internat. De nombreuses activités peuvent être encadrées par les auxiliatrices sans oublier les services inhérents à un internat.

Enfin, il est question de constituer un corps professoral compétent qui souhaite s’engager dans le service de l’enseignement et recevoir une formation adéquate à leurs convictions chrétiennes. Aussi, pour permettre une formation en interne, la FECJM a besoin de s’appuyer et d’être épaulée par des laïcs qui travailleront avec les membres consacrés. Cette approche avait déjà été envisagée par saint Jean Bosco. Lui aussi parlait des coopérateurs salésiens. Je crois que cette intuition est bonne sans pour autant tomber dans la sécularisation qui pose un réel problème pour les établissements confessionnels.

Vous insistez sur l’importance de la pédagogie chrétienne au sein des écoles. Comment la définissez-vous et quelle spécificité comptez-vous apporter ?

La pédagogie chrétienne doit être une image, certes, imparfaite, de la pédagogie divine. Qu’est-ce que la « pédagogie divine » ? La réponse se trouve dans l’Histoire Sainte de l’Ancien et du Nouveau Testament. Yahvé, dans l’Ancien Testament est patient et juste. Il corrige les défauts du Peuple élu, il le conduit tout doucement sur la voie de la conversion. Dieu a donné des maîtres, des guides qui sont les Prophètes, qui avaient pour fonction de conduire les Hébreux, de les préparer à recevoir le Messie. Le Nouveau Testament est le Verbe de Dieu incarné, Jésus-Christ. Il est Celui qui exerce la miséricorde mais qui reprend et parfois même se met en colère, Celui qui prie et qui agit, Celui qui vit au milieu des hommes pour partager les joies mais également les souffrances. Il a pleuré, Il a aimé, Il a souffert, Il a donné des signes d’affection. C’est cela, la pédagogie chrétienne.

Ensuite, viennent les « méthodes », l’art éducatif est alimenté par l’intuition de l’éducateur que Dieu donne à ceux qui obéissent à cette vocation spécifique qu’est l’éducation. Les méthodes sont dépendantes des enfants qui sont confiés à l’éducateur mais elles doivent toutes s’inspirer de la pédagogie divine où fermeté s’allie avec miséricorde, où la disponibilité auprès des garçons suppose une vie intérieure authentique. Le pédagogue chrétien trouvera son dynamisme et assurera son efficacité davantage dans les sacrements et l’oraison que dans des « formules » magiques où le pédagogisme et le psychologisme scientiste nuisent à l’intuition mue par le Saint-Esprit.

Je n’invente rien. Les saints éducateurs que sont saint Jean Baptiste de La Salle et saint Jean Bosco ne se sont pas contentés d’enseigner ces principes mais les ont vécus. Il est vrai que le contexte social d’aujourd’hui n’est pas le même et qu’il nous faut tenir compte de la société de consommation qui substitue la matière à l’esprit sans assurer un juste équilibre. Mais les principes sont les mêmes : aimer nos élèves pour la gloire de Dieu, travailler pour le Royaume de Dieu.

Dans l’immédiat, avez-vous des besoins urgents ?

Le premier besoin est financier. L’Angélus doit effectuer des travaux urgents avant la prochaine rentrée scolaire. Nous avons installé des préfabriqués dans la cour afin d’y installer trois classes. L’administration nous a accordé cette année une dérogation pour les garder jusqu’au mois d’août 2014. À l’issue de cette date, il nous faudra les enlever. Cela suppose donc que nous puissions faire notre deuxième dortoir pour libérer trois salles de classe et puissions ouvrir deux autres salles (ouverture en septembre 2014 de la classe de Terminale). Il y a trois ans, nous avions 25 élèves. Aujourd’hui, notre effectif a quadruplé. Il y a donc une réelle nécessité. Il nous faut aller jusqu’au bout de ce que nous avons accompli…

Enfin, L’Angélus, devenue maison mère de la FECJM, doit être en mesure de se développer. Je lance donc un appel auprès des prêtres et des jeunes qui veulent vivre cette aventure. J’ai eu l’occasion de présenter ce projet auprès d’autorités ecclésiastiques. J’ai bien conscience qu’il paraîtra un peu extravagant voire même inopportun face à la sécularisation générale et à la crise des vocations. Il sera sans doute avancé qu’il faut d’abord relancer la vie paroissiale, maintenir ce qui existe. Soit. Mais il me semble que le meilleur remède que nous puissions envisager face à l’indifférentisme, voire l’hostilité au message du Christ est de soigner les causes. Or il me semble que si nous ne nous préoccupons pas de la formation des intelligences et des cœurs de la jeunesse, nous ne pourrons pas promouvoir la nouvelle évangélisation à laquelle nous sommes appelés. Il y a, comme l’affirmait le pape Benoît XVI, une urgence éducative. Il faut que l’Église aide les parents, premiers éducateurs de leurs enfants, dans leur lourde mission auprès de leurs enfants.

Le développement des écoles indépendantes est devenu vital pour la France, fille aînée de l’Église, il doit être encouragé par les autorités ecclésiastiques et favorisé par ses membres. C’est la raison d’être de la FECJM qui pourra participer, de manière infime mais réelle, à cette belle mission qui viendra aider la famille largement menacée…